28 novembre 2008
L'âme du violon
L’âme du violon
Cher instrument caché dans les reliques
Laisse chanter ta voix, parler tes cordes
Ton âme va s’exprimer, divin déclic
Clamant les sentiments que l’on t’accorde.
L’archet incarnant la folle passion
Glisse vers le Sol, l’effleure doucement
La tendresse s’envole, vibrant dans le son
Qui imprègne le cœur, tout en l’envoûtant.
Le Ré c’est l’amour qui pleure des larmes
Pour un grand bonheur, une intense extase
La flèche qui transperce et l’esprit et l’âme
La note qui s’éteint quand le feu embrase.
La main doucement, suit le mouvement
L’amitié va naître sur le fil du La
Un grand sentiment sûr et reposant
Qui ne s’en va pas même dans l’au-delà.
Le Mi va chanter dans la compréhension
Le monde l’attend il en a besoin
Serons-nous un jour, plein de compassion
Le violon le sait, écoutons le bien !
Cat le 28/11/2008
Hommage à la musique, au respect, au don de soi, à l'amour, à l'émotion, aux larmes dans les yeux, aux doigts qui se croisent : HOMMAGE PAR UN PRESENT DU COEUR
25 novembre 2008
Mémoires d'outre temps
Cauchemar
A la nuit j’entends son pas ;
le Cri, Edvard Munch
Le souffle court, je guette.
Moment d’angoisse, inquiète
J’écoute le grincement du bois.
Il est là collé contre ma porte
Je le sens, cherchant dans la nuit
A me surprendre par les brisures de l’huis.
Seule apeurée, je sanglote.
Je hais cette bête qui me maltraite
Je voudrais crier, me réveiller
Ou mourir et me désintégrer
Partir loin, disparaître.
Si je m’endors, dans ma chambre il pénètre
De sa force brute de moi se fait maître.
Sans vergogne il me maltraite
Abusant sa fille sans jamais le reconnaître
Aujourd’hui encore quand je dors
Son spectre hante mes cauchemars
Gémissante dans le noir
Je protège mon corps.
Pourtant il me faut renaître
Sans rien oublier de mon passé
Sur le vélin en arabesque tracer
Ces instants pour les crier.
Aujourd’hui je suis prête
Pour affronter la bête
Lui dire mon dégout
Et la trainer dans la boue ;
Demain peut-être par la grâce de Dieu
Renaissante dans l’amour
Je ne haïrais plus, ni les hommes ni les cieux
Je serais en paix pour toujours.
Le 31/08/08
Yeux Chat (31/08/2008)
Tous droits réservés. Reproduction interdite
23 novembre 2008
Ecrire ou ne pas dire...
Les maux des mots
Murmure des mots, musique filiforme
Cent fois répétés et pourtant, si vite envolés
Laissant dans l'air une vibration difforme
Accord ténu des instants volés;
Écrits, mots transcendés par le verbe 
Rire des phrases chantées en gerbes,
Idées qui s'entrechoquent à l'unisson
Emportant très loin leurs passions
Figeant leurs traces sur le vélin jauni
Gravant leurs histoires en infini.
Papiers froissés livres imprimés
Pays imaginaire de signes tracés
Oubliés ignorés des mémoires,
Rejetés, brulés, il n'en reste rien
Juste sous la poussière, de vieux grimoires
Rescapés gardiens et historiens
Quelques mots enfouis
Attendant pour jaillir une accalmie.
Les mots par nos senseurs destitués
Autodafé de nos morales étriquées
Sont enfouis au tréfonds de nos enfers
Enfermés claquemurés marqués au fer
Bannis, excommuniés ils existent pourtant;
Censurés, dépouillés de leurs ailes et leurs accents
Les mots deviennent ternes et sans saveurs
Les idées les pensées malgré tout demeurent…
Pas à pas sur leurs traces
Les mots renaissent à la lecture
Les maux s'envolent le voile s'efface
Pâques salvatrice des dictatures;
L'encre figée des encriers
A nouveau réveillée en pleins et en déliés
En chansons sur un air de jazz
En pamphlet sur un vieux papier
Chantent la paix retrouvée.
Yeux Chat (23/11/2008)
Tous droits réservés. Reproduction interdite
11 novembre 2008
J.J.Goldman / Je voudrais vous revoir
Cette lettre peut vous surprendre ..................................
Mais sait-on ? peut-être pas...
Quelques braises échappées des cendres
D'un amour si loin déjà
Vous en souvenez-vous ?
Nous étions fous de nous
Nos raisons renoncent, mais pas nos mémoires
Tendres adolescences, j'y pense et j'y repense
Tombe mon soir et je voudrais vous revoir
Nous vivions du temps, de son air
Arrogants comme sont les amants
Nous avions l'orgueil ordinaire
Du "nous deux c'est différent"
Tout nous semblait normal
Nos vies seraient un bal
Les jolies danses sont rares
On l'apprend plus tard
Le temps sur nos visages
A soumis tous les orages
Je voudrais vous revoir
Et pas par hasard
Sûr il y aurait des fantômes
Et des décors à réveiller
Qui sont vos rois, vos royaumes ?
Mais je ne veux que savoir
Même si c'est dérisoire, juste savoir
Avons-nous bien vécu la même histoire ?
L'âge est un dernier long voyage
Un quai de gare et l'on s'en va
Il ne faut prendre en ses bagages
Que ce qui vraiment compta
Et se dire merci
De ces perles de vie
Il est certaines blessures
Au goût de victoire
Et vos gestes, y reboire
Tes parfums, ton regard
Ce doux miroir
Où je voudrais nous revoir
10 novembre 2008
Larmes de feu
Larmes cruelles
Voyez mes larmes d'airain
Sur mes joues creusant des sillons de sang;
Touchez de vos lèvres, de vos mains 
Cette peine jaillissant de mon âme.
Éphémère comme la vague brisée,
Flux et reflux mouvement perpétuel
Écume des jours cruels
Comme une âme fracassée
Errant au grès des lames
Je passe en votre cœur.
Embrassez cette main
N'ayez crainte contenez votre frayeur,
Gardez moi encore un peu,
Moi, le fou d'un jour;
Baisez ces lèvres offertes
Et demain pour toujours
Dans un dernier battement d'aile
Votre sourire en mon cœur
Vaincu par ma quête
J'expirerai heureux.
Yeux Chat (10/11/2008)
Tous droits réservés. Reproduction interdite
03 novembre 2008
Miguel Zamacoïs / L'accent
« De l'accent! De l'accent! Mais après tout en-ai-je?
Pourquoi cette faveur? Pourquoi ce privilège?
Et si je vous disais à mon tour, gens du Nord,
Que c'est vous qui pour nous semblez l'avoir très fort
Que nous disons de vous, du Rhône à la Gironde,
"Ces gens là n'ont pas le parler de tout le monde!"
Et que, tout dépendant de la façon de voir,
Ne pas avoir l'accent, pour nous, c'est en avoir...
Eh bien non ! je blasphème! Et je suis las de feindre!
Ceux qui n'ont pas d'accent, je ne puis que les plaindre!
Emporter de chez soi les accents familiers,
C'est emporter un peu sa terre à ses souliers,
Emporter son accent d'Auvergne ou de Bretagne,
C'est emporter un peu sa lande ou sa montagne!
Lorsque, loin du pays, le cœur gros, on s'enfuit,
L'accent? Mais c'est un peu le pays qui vous suit!
C'est un peu, cet accent, invisible bagage,
Le parler de chez soi qu'on emporte en voyage!
C'est pour les malheureux à l'exil obligés,
Le patois qui déteint sur les mots étrangers!
Avoir l'accent enfin, c'est, chaque fois qu'on cause,
Parler de son pays en parlant d'autre chose!...
Non, je ne rougis pas de mon fidèle accent!
Je veux qu'il soit sonore, et clair, retentissant!
Et m'en aller tout droit, l'humeur toujours pareille,
En portant mon accent fièrement sur l'oreille!
Mon accent! Il faudrait l'écouter à genoux!
Il nous fait emporter la Provence avec nous,
Et fait chanter sa voix dans tous mes bavardages
Comme chante la mer au fond des coquillages!
Ecoutez! En parlant, je plante le décor
Du torride Midi dans les brumes du Nord!
Mon accent porte en soi d'adorables mélanges
D'effluves d'orangers et de parfum d'oranges;
Il évoque à la fois les feuillages bleu-gris
De nos chers oliviers aux vieux troncs rabougris,
Et le petit village où les treilles splendides
Éclaboussent de bleu les blancheurs des bastides!
Cet accent-là, mistral, cigale et tambourin,
A toutes mes chansons donne un même refrain,
Et quand vous l'entendez chanter dans ma parole
Tous les mots que je dis dansent la farandole! »
Miguel Zamacoïs (1866-1955)

