L'Angélus

Lumières,  couchants sur les champs des râteaux d'argents
Peigne de rayons indigo  irisant la terre brune
Griffant les sillons couverts de brume
Exhalant en de lourdes volutes 280px_Jean_Fran_C3_A7ois_Millet___L_27Ang_C3_A9lus
Le pas chargé de fatigue du paysan

Sonne l'angélus sonne l'heure

Déjà, au loin découpant  les montagnes
Ombres chinoises sur la campagne
Le soleil se couche appelant  à la prière.
Les paysans s'abîment  genoux à la terre
En un fervent murmure, un Ave Maria
Remerciement anonyme de leur labeur

Sonne l'angélus, passe l'heure

L'ombre portée s'étend et mange doucement
L'espace laissé aux champs
Les sommets ensanglantés
En un dernier combat
Semblent croquer les nuages bas
Au loin portés par les vents

Sonne l'angélus, fuit l'heure

Dans l’ombre de la nuit tombée
Le crépuscule, de la journée mange la sueur
Le hameau s’anime de lueurs
Bougies falotes comme un phare allumé
Derrière un carreau, posées, signes du temps
Appelant aux repos les hommes des champs

Sonne l’angélus passe l’heure

Les yeux fixés sur ces lumières naissantes
Lucioles blafardes dans le lourd crépuscule
A l’heure où les reliefs s’animent
Laissant là, moissons et travaux
Ils tirent sans hâte les tombereaux
Vers leurs chaumières accueillantes

Sonne l’angélus sonne l’heure

Yeux_Chat Le 25/03/2011

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