07-03-11

Jules Verne

La cloche du soir SonnetLa barque s'enfuyait sur l'onde fugitive ; La nuit se prolongeant comme un paisible soir A la lune du ciel pâle, méditative, Prêtait un doux abri dans son vêtement noir ;Dans le lointain brumeux une cloche plaintive Soupire un son pieux au clocher du manoir ; Le saint bruit vient passer à l'oreille attentive, Comme une ombre que l'oeil croit parfois entrevoir ;A la pieuse voix la nacelle docile Sur l'onde qui frémit s'arrête, puis vacille, Et sur le flot dormant, sans l'éveiller, s'endort ;Le nautonnier ému... [Lire la suite]
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28-10-10

La conque : José-Maria de Heredia (1842-1905)

Par quels froids Océans, depuis combien d'hivers, - Qui le saura jamais, Conque frêle et nacrée ! -La houle sous-marine et les raz de marée T'ont-ils roulée au creux de leurs abîmes verts ?Aujourd'hui, sous le ciel, loin des reflux amers, Tu t'es fait un doux lit de l'arène dorée. Mais ton espoir est vain. Longue et désespérée, En toi gémit toujours la grande voix des mers.Mon âme est devenue une prison sonore :Et comme en tes replis pleure et soupire encore La plainte du refrain de l'ancienne clameur ;Ainsi du plus profond de ce... [Lire la suite]
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23-08-10

Le vase brisé : Sully Prudhomme (1839-1907)

      Le vase où meurt cette verveineD’un coup d’éventail fut fêlé ;Le coup dut l’effleurer à peine :Aucun bruit ne l’a révélé. Mais la légère meurtrissure,Mordant le cristal chaque jour,D’une marche invisible et sûre,En a fait lentement le tour.Son eau fraîche a fui goutte à goutte,Le suc des fleurs s’est épuisé ;Personne encore ne s’en doute,N’y touchez pas, il est brisé.Souvent aussi la main qu’on aime,Effleurant le cœur, le meurtrit ;Puis le cœur se fend de lui-même,La fleur de son amour... [Lire la suite]
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06-06-09

Chanson d'automne / Paul Verlaine

Quoi de plus normal que de mettre ce poème qui fût entendu bien des fois en 1944 ....Chanson d'automne Les sanglots longsDes violons De l'automneBlessent mon coeurD'une langueur Monotone. Tout suffocantEt blême, quand Sonne l'heure,Je me souviensDes jours anciens Et je pleure, Et je m'en vaisAu vent mauvais Qui m'emporteDeçà, delàPareil à la Feuille morte.Paul VERLAINE, Poèmes saturniens (1866)
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08-04-09

Victor HUGO (1802-1885)

Le terme « Djinns » est utilisé pour désigner les esprits bienfaisants, génies ou démons dans les croyances musulmanes.On sera sensible au mouvement de ce poème très célèbre : la longueur des vers suit l'action et correspond à l'attaque. Ce texte fait donc entendre un mouvement très net de crescendo puis de decrescendo. (mouvement d'une chose qui monte, s'amplifie, puis diminue et disparaît)Les DjinnsMurs, villeEt port,AsileDe mort,Mer griseOù briseLa briseTout dort.Dans la plaineNaît un bruit.C'est l'haleineDe la nuit.Elle... [Lire la suite]
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19-02-09

La courbe de tes yeux / Paul Eluard

La Courbe de tes yeuxLa courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur, Un rond de danse et de douceur, Auréole du temps, berceau nocturne et sûr, Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu. Feuilles de jour et mousse de rosée, Roseaux du vent, sourires parfumés, Ailes couvrant le monde de lumière, Bateaux chargés du ciel et de la mer, Chasseurs des bruits et sources des couleurs, Parfums éclos d'une couvée d'aurores Qui gît toujours sur la paille des astres, Comme le jour dépend de... [Lire la suite]
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03-11-08

Miguel Zamacoïs / L'accent

« De l'accent! De l'accent! Mais après tout en-ai-je? Pourquoi cette faveur? Pourquoi ce privilège? Et si je vous disais à mon tour, gens du Nord, Que c'est vous qui pour nous semblez l'avoir très fort Que nous disons de vous, du Rhône à la Gironde, "Ces gens là n'ont pas le parler de tout le monde!" Et que, tout dépendant de la façon de voir, Ne pas avoir l'accent, pour nous, c'est en avoir... Eh bien non ! je blasphème! Et je suis las de feindre! Ceux qui n'ont pas d'accent, je ne puis que les plaindre! Emporter de chez... [Lire la suite]
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21-09-08

J'arrive où je suis étranger ( Louis Aragon )

Rien n'est précaire comme vivre Rien comme être n'est passager C'est un peu fondre comme le givre Et pour le vent être léger J'arrive où je suis étranger Un jour tu passes la frontière D'où viens-tu mais où vas-tu donc Demain qu'importe et qu'importe hier Le coeur change avec le chardon Tout est sans rime ni pardon Passe ton doigt là sur ta tempe Touche l'enfance de tes yeux Mieux vaut laisser basses les lampes La nuit plus longtemps nous va mieux C'est le grand jour qui se fait vieux Les arbres sont beaux en automne Mais... [Lire la suite]
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17-04-08

Hommage à Aimé Césaire

jeudi 17 avril 2008 Le poète antillais est décédé ce jeudi matin au CHU de Fort-de-France, à l'âge de 94 ans. Initiateur du concept de "négritude", il s'est de tout temps battu pour l'autonomie de la Martinique. Prophétie Làoù l'aventure garde les yeux clairslà où les femmes rayonnent de langagelà où la mort est belle dans la main comme un oiseausaison de laitlà où le souterrain cueille de sa propre génuflexion un luxede prunelles plus violent que des chenilleslà où la merveille agile fait flèche et feu de tout... [Lire la suite]
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12-04-08

Alfred de Musset : se voir le plus possible

Se voir le plus possible ... Se voir le plus possible et s'aimer seulement, Sans ruse et sans détours, sans honte ni mensonge, Sans qu'un désir nous trompe, ou qu'un remords nous ronge, Vivre à deux et donner son cœur à tout moment ;Respecter sa pensée aussi loin qu'on y plonge, Faire de son amour un jour au lieu d'un songe, Et dans cette clarté respirer librement -Ainsi respirait Laure et chantait son amant.Vous dont chaque pas touche à la grâce suprême, C’est vous, la tête en fleurs, qu'on croirait sans souci, C'est... [Lire la suite]
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